Épisode 04 / 10La protection quotidienne25 min
Mises à jour, antivirus et sauvegardes
Fermer les failles avant qu’on les exploite, choisir sa protection sans payer pour rien, et survivre à un rançongiciel grâce à la règle du 3-2-1.
Dans cet épisode
- Comprendre pourquoi les jours qui suivent une mise à jour sont les plus dangereux
- Savoir si un antivirus payant vous est utile
- Mettre en place une sauvegarde qui résiste à un rançongiciel, et la tester
« Une mise à jour est disponible. Redémarrer maintenant ou me le rappeler demain ? » Nous cliquons presque tous sur « Demain », pendant des semaines. C’est pourtant le geste de sécurité le plus rentable qui soit.
Les mises à jour : fermer la fenêtre avant qu’on y entre
Une mise à jour de système ou de navigateur apporte parfois des nouveautés, mais elle corrige surtout des failles de sécurité. Et c’est là que se cache un piège de calendrier.
Tant qu’une faille n’est connue que de quelques-uns — on parle alors de faille « zero-day » —, les attaques sont rares et visent des cibles précises. Dès que le correctif sort, tout change : les attaquants l’étudient, comprennent la faille, et lancent des attaques automatisées contre toutes les machines qui ne l’ont pas encore installé. Repousser une mise à jour de trois semaines, c’est rester trois semaines dans la zone rouge.
Activez les mises à jour automatiques partout : système, navigateur, applications, et même la box. Et gardez un œil sur la fin de support : un appareil qui ne reçoit plus de correctifs, comme un vieux téléphone ou un ordinateur sous Windows 10, reste vulnérable à vie.
L’antivirus : faut-il encore payer ?
Pendant des années, un antivirus payant était indispensable sous Windows. Ce n’est plus le cas : Microsoft Defender, intégré à Windows 10 et 11, obtient de bons résultats dans les tests indépendants, sans rien coûter ni alourdir la machine. Il s’efface d’ailleurs tout seul si vous en installez un autre : deux antivirus actifs en même temps se gênent plus qu’ils ne s’additionnent.
Ce qui protège vraiment, c’est surtout ce que vous installez. Une bonne part des infections arrive par des logiciels piratés, des « cracks », des extensions douteuses ou des fichiers téléchargés sur des sites non officiels. Pour vérifier un téléchargement avant de l’ouvrir, suivez notre guide pour vérifier un fichier.
Survivre au pire : la règle du 3-2-1
Imaginez le scénario catastrophe : un rançongiciel s’installe sur votre ordinateur. En quelques minutes, photos de famille, documents et vidéos sont chiffrés, illisibles. Un message exige un paiement en cryptomonnaie pour les récupérer.
Contre ça, la seule parade vraiment efficace n’est ni l’antivirus ni le pare-feu : c’est la sauvegarde. On réinstalle, on restaure, et le chantage tombe à l’eau. À condition de respecter la règle que suivent les professionnels.
- 3 exemplaires : l’original, plus deux copies.
- 2 supports différents : si les deux copies sont sur le même disque et qu’il lâche, tout est perdu.
- 1 copie ailleurs : cambriolage, incendie, dégât des eaux… Si l’ordinateur, le disque et le NAS sont dans le même salon, ils disparaissent ensemble.
Deux précisions font toute la différence face à un rançongiciel. D’abord, au moins une copie doit être hors de sa portée : un disque débranché entre deux sauvegardes, ou un service qui garde des versions anciennes. Un disque branché en permanence sera chiffré avec le reste. Ensuite, une synchronisation n’est pas une sauvegarde : elle recopie les dégâts aussi fidèlement que les fichiers.
Côté outils, Windows propose l’Historique des fichiers, macOS Time Machine ; un NAS fait encore mieux, surtout avec des snapshots, comme le montre la formation TrueNAS.
Faites le test aujourd’hui : ouvrez votre sauvegarde, restaurez un fichier au hasard dans un autre dossier, et ouvrez-le. S’il s’affiche, votre roue est gonflée.
Testez-vous
3 questions pour vérifier que l’essentiel est acquis. Rien n’est noté ni enregistré.
Pour un appareil qui n’est pas à jour, quel est le moment le plus dangereux ?
Le correctif montre aux attaquants où se trouve la faille. Ils s’en servent aussitôt contre toutes les machines qui ne l’ont pas encore installé.
Vos photos sont sur votre ordinateur, synchronisées dans un cloud. Un rançongiciel chiffre l’ordinateur. Et la copie dans le cloud ?
La synchronisation reproduit fidèlement ce qui arrive sur l’ordinateur, y compris les dégâts. C’est pourquoi il faut au moins une copie que le rançongiciel ne peut pas atteindre.
Quelle sauvegarde est vraiment fiable ?
Une sauvegarde jamais restaurée n’est qu’une hypothèse : fichiers manquants, disque illisible, mot de passe oublié… On ne le découvre qu’au pire moment, sauf si l’on teste avant.
Vérifier que tout fonctionne
Cochez au fur et à mesure : quand tout est coché, vous pouvez passer à la suite.
Problèmes courants
Mon ordinateur ne reçoit plus de mises à jour
Vérifiez si son système est encore pris en charge : Windows 10, par exemple, ne l’est plus depuis octobre 2025, hors programme de mises à jour étendues, lui-même limité dans le temps. Les solutions : passer à une version suivie si la machine le permet, installer un système Linux, ou changer d’appareil. En attendant, évitez-y la banque et les démarches sensibles.
Un rançongiciel a chiffré mes fichiers
Débranchez immédiatement l’ordinateur du réseau, et surtout les disques de sauvegarde. Ne payez pas : rien ne garantit que vous récupérerez vos fichiers. Faites le diagnostic sur 17cyber.gouv.fr, et consultez nomoreransom.org, qui propose des outils de déchiffrement gratuits pour certaines familles de rançongiciels. Restaurez ensuite votre sauvegarde sur un système réinstallé.
Faut-il un antivirus sur un téléphone ?
Pour la plupart des gens, non : les mises à jour du système et l’installation d’applications depuis les seules boutiques officielles protègent l’essentiel. Méfiez-vous en revanche des applications « nettoyeur » ou « booster », souvent inutiles, parfois nuisibles.
OneDrive ou Google Drive, c’est une sauvegarde ?
C’est une synchronisation : un fichier effacé ou chiffré sur l’ordinateur l’est aussi dans le cloud, quelques secondes plus tard. Ces services gardent parfois un historique des versions, qui peut sauver la mise, mais ils ne remplacent pas une copie débranchée.
Votre progression reste sur cet appareil, rien n’est envoyé.