Épisode 03 / 14Les fondations35 min
Créer et organiser les datasets
Créer le pool, puis y ranger les données dans des datasets : un par usage. C’est ce qui rendra simples les permissions, les snapshots et les sauvegardes.
Dans cet épisode
- Créer un premier pool en choisissant la bonne redondance
- Comprendre ce qu’un dataset apporte par rapport à un simple dossier
- Mettre en place une organisation claire qui tiendra dans le temps
Un NAS mal rangé devient vite ingérable : on ne sait plus qui a accès à quoi, on n’ose plus rien supprimer, et restaurer une seule chose devient impossible sans tout restaurer. Cet épisode évite tout ça, une fois pour toutes.
Étape 1 : créer le pool
Dans Storage, lancez la création d’un pool. Donnez-lui un nom court —
tank est le nom traditionnel dans le monde ZFS — puis choisissez la
disposition des disques.
| Disposition | Disques | Ce qui se passe si un disque meurt | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Stripe | 1 ou plus | Tout est perdu | À éviter pour des données qui comptent |
| Miroir | 2 | Rien : l’autre disque a tout | Le meilleur choix pour débuter |
| RAIDZ1 | 3 ou plus | Rien, tant qu’un seul disque tombe | Plus de capacité, un peu moins de marge |
| RAIDZ2 | 4 ou plus | Rien, même si deux disques tombent | Les gros volumes |
Pour un premier NAS à deux disques, le miroir est simple, robuste, et se reconstruit vite.
Pourquoi des datasets ?
Chaque dataset peut avoir :
- ses propres snapshots — on remonte le temps d’une seule boîte, sans toucher au reste ;
- son propre quota — les vidéos des enfants ne rempliront jamais tout le NAS ;
- ses propres droits — les photos de famille restent invisibles pour qui n’a rien à y faire.
Étape 2 : créer les datasets
Dans Datasets, sélectionnez le pool et ajoutez un dataset. TrueNAS propose des préréglages : choisissez SMB pour un dataset destiné à être partagé avec des ordinateurs Windows (épisode 5), Apps pour les données d’une application, Generic sinon.
Une organisation qui marche bien pour démarrer :
tank
├── documents
├── photos
├── media
├── sauvegardes
└── apps
├── jellyfin
└── adguard
Trois règles de nommage :
- Un dataset par usage, pas un par personne ni un par fichier.
- Des noms courts, sans espace ni accent :
photos, pasPhotos de Maman. - Un dataset par application, pour ses données comme pour sa configuration. Vous pourrez ainsi la sauvegarder, la restaurer ou la supprimer seule.
Pour aller plus loin : deux pools
Avec des SSD en plus des disques durs, une organisation plus avancée consiste à créer deux pools : un pool SSD pour les applications, qui ont besoin de réactivité, et un pool de disques durs pour les gros volumes — films, archives, sauvegardes. C’est l’organisation que j’utilise, mais elle n’a rien d’obligatoire : un seul pool bien rangé suffit largement pour commencer.
Testez-vous
3 questions pour vérifier que l’essentiel est acquis. Rien n’est noté ni enregistré.
Vous avez deux disques pour un premier NAS. Quelle disposition choisir ?
Le miroir survit à la panne d’un disque. Le stripe perd tout à la première panne, et RAIDZ2 demande au moins quatre disques.
Qu’apporte un dataset qu’un simple dossier n’a pas ?
C’est tout l’intérêt : on peut restaurer, limiter ou protéger un dataset sans toucher aux autres.
Quel nom de dataset suit les bonnes règles ?
Court, sans espace ni accent, et il décrit un usage plutôt qu’une personne ou une date.
Vérifier que tout fonctionne
Cochez au fur et à mesure : quand tout est coché, vous pouvez passer à la suite.
Problèmes courants
Quelle différence avec un dossier Windows ?
Un dossier hérite de tout ce qui l’entoure. Un dataset a ses propres réglages : droits d’accès, quota, compression et snapshots indépendants. On peut restaurer un dataset sans toucher aux autres.
Puis-je ranger mes fichiers à la racine du pool ?
Techniquement oui, mais vous perdez tout l’intérêt de ZFS : impossible de leur appliquer des droits, un quota ou des snapshots séparés. Créez toujours un dataset, même pour un seul usage.
Mon quota est atteint, je ne peux plus écrire
C’est le rôle du quota : c’est une limite stricte. Dans Datasets, sélectionnez le dataset, modifiez-le et augmentez le quota — ou faites un peu de ménage.
Je me suis trompé de redondance à la création du pool
La disposition d’un groupe de disques ne se change pas après coup. Tant que le pool est vide, supprimez-le et recréez-le : c’est le bon moment pour se tromper.
Votre progression reste sur cet appareil, rien n’est envoyé.